75 % des habitants de la métropole de Lyon sont exposés à des risques sur la santé à cause du bruit selon les critères de l’OMS. Malgré la réduction du trafic routier, principale source de pollution sonore, il reste du chemin avant de bâtir une ville véritablement “apaisée”. Le volontarisme de la majorité écologiste suffira-t-il à protéger les Lyonnais ?
Cet article fait partie d’un dossier consacré au bruit à Lyon dans le numéro d’avril du magazine de Lyon Capitale. Retrouvez ci-dessous les autres articles de cette série :
C’est une première mondiale. Un radar antibruit a été installé à Bron. Il devrait commencer à verbaliser au cours du second semestre 2025, dans le cadre d’une expérimentation publique nationale. La limite de décibels sera fixée à 84, soit plus ou moins le bruit d’une mobylette avec un pot d’échappement trafiqué. Au-delà, les contrevenants recevront une amende de 135 euros. La police municipale sera ensuite chargée de s’assurer qu’un klaxon ou une sirène d’un véhicule d’urgence n’est pas en cause. Lors de la première phase de l’expérimentation, il était apparu que le site connaissait un excès sonore tous les deux jours, principalement des deux-roues.

“Une initiative intéressante”, que ne dénigre pas Pierre Athanaze (EÉLV), le vice-président à la prévention des risques pour la Métropole de Lyon, qui milite lui aussi pour un meilleur contrôle du bruit dans l’agglomération lyonnaise. Les enjeux sont forts : l’OMS considère que des effets extra-auditifs du bruit peuvent se manifester à partir d’une exposition au bruit routier de 55 décibels (dB) en moyenne sur 24 heures, et de 45 décibels la nuit [voir les équivalences dans le tableau page suivante]. Avec ces critères, 75 % de la population du territoire lyonnais est exposée à des valeurs néfastes sur la santé comme des troubles du sommeil, du stress, un déficit d’attention, un retard d’apprentissage…

Une valeur qui peut être tempérée. La législation européenne, appliquée en France, est moins ambitieuse. Elle place la limite sanitaire de l’exposition au bruit routier à 68 décibels et 62 décibels la nuit. Dans ce schéma, 8,6 % de la population de la métropole de Lyon, soit 120 000 personnes, est considérée comme exposée à des volumes sonores dangereux. Pis, 250 établissements d’enseignement et 110 établissements de santé le sont aussi.
Derrière ces chiffres, le coût social du bruit en France – santé, perte de productivité, dépréciation immobilière – est estimé à 147,1 milliards d’euros par an, dont les deux tiers sont attribués aux transports (Ademe). Rapporté à la population de l’agglomération lyonnaise, c’est 3 milliards d’euros qui disparaissent en fumée chaque année à cause du bruit. Un chiffre à mettre en regard des 89 milliards d’euros de PIB de la métropole.
Un plan de réduction du bruit sans contrainte
Il vous reste 61 % de l'article à lire.
Article réservé à nos abonnés.