Nicolas Lebrun, géographe spécialiste de la ville et du commerce à l’université de Picardie Jules-Verne, revient sur l'explosion du hard discount "qui se “normalise” et devient un format comme les autres".
Le marché du hard discount et de la distribution low cos s’est mué en machine de guerre. Le paysage commercial lyonnais est en train d’évoluer.
Lyon Capitale : Peut-on parler de bascule du hard discount ?
Nicolas Lebrun : Pas vraiment parce que les premières enseignes de hard discount se sont implantées dans les grandes villes à la fin des années 1990. Le gouvernement Raffarin avait, à cette époque, souhaité contrer le hard discount, dont la croissance menaçait les commerçants et distributeurs nationaux. Comment ? En abaissant le seuil de soumission à autorisation des surfaces de vente de 300 m2 – au lieu de 10 000 m2 précédemment – auprès des commissions départementales d’aménagement commercial (composées d’élus et d’experts de l’urbanisme et de la consommation). Le revers de la médaille c’est que les hard discounters sont allés chercher des opportunités en centre-ville sur des formats plus petits. Le mouvement qu’on observe aujourd’hui est celui d’une diversification, avec un développement du hard discount non alimentaire.
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