En Haute-Savoie, une anomalie économique persiste : des demandeurs d'emploi peinent à trouver du travail alors que les entreprises locales rencontrent des difficultés de recrutement.
Laurent Nouillot, PDG de SAEV, une société d’aménagement extérieur basée aux alentours d’Annecy, fait face à une pénurie de main-d’œuvre malgré un chiffre d'affaires de 8,5 millions d'euros.
« On ne peut pas lutter contre une personne qui veut partir en Suisse », Laurent Nouillot, PDG de SAEV
Avec ses 80 collaborateurs, SAEV est un acteur majeur du secteur paysager en Haute-Savoie. Cependant, l'entreprise cherche désespérément à embaucher six personnes, soit 8 % de son effectif actuel. En seulement deux mois, elle a essuyé cinq départs, dont trois en partance pour la Suisse : "On ne peut pas lutter contre une personne qui veut partir en Suisse. Le salaire et les charges (en France) ne suivent pas", déplore Laurent Nouillot à FranceBleu. Il souligne ainsi que les charges et rémunérations françaises sont bien inférieures à celles du pays voisin.
Un secteur attractif mais concurrencé
Paradoxalement, le métier de paysagiste connait une dynamique positive depuis la crise sanitaire, qui a renforcé l'intérêt porté aux espaces extérieurs. Cependant, les candidats se font de plus en plus rares dans ce secteur. Afin d'attirer de nouveaux talents, SAEV met en avant plusieurs avantages : mécanisation des tâches pour réduire la pénibilité, convention collective, semaine de 35 heures, planification annuelle anticipée et jours de pont systématiquement accordés.
Sur le plan salarial, Laurent Nouillot rassure : "Nous avons une base syndicale qui est quand même supérieure à la base nationale (…) Il y a vraiment des grosses possibilités d'évolution puisque dans une SCOP, on peut accéder à l'actionnariat, et ça c'est une façon de fidéliser les salariés."
Il faudra suivre avec attention ces efforts pour voir s'ils suffisent à contrer l’attractivité de la Suisse tout en répondant aux défis du recrutement dans le secteur paysager haut-savoyard.