Béatrice de Montille, conseillère municipale Les Républicains au conseil municipal de Lyon, est l'invitée de 6 minutes chrono / Lyon Capitale.
A un an des élections municipales, Béatrice de Montille se prépare à une candidature avec ou sans l'appui des Républicains. "J'ai envie de proposer un projet qui soit transpartisan. Je pense qu'aujourd'hui d'ailleurs la dernière enquête que vous avez faite Lyon Capitale montre que les lyonnais attendent peut-être une candidature société civile donc les jeux sont très ouverts. Je pense que les lyonnais sont chauvins, ils veulent qu'on travaille entre eux lyonnais pour proposer un large rassemblement", précise-t-elle.
Alors que la cheffe de file des Républicains pour les élections métropolitaines a été choisi par ses pairs, Béatrice de Montille assure ne pas vraiment savoir comment sera désigné le candidat à Lyon : "J'ai eu Jérémie Bréaud au téléphone avant-hier qui m'a dit je ne veux pas m'occuper de Lyon. Donc je pense qu'il faut qu'on s'occupe de Lyon, entre Lyonnais, encore une fois, je ne pense pas que ce soit aux Parisiens de décider de l'avenir de Lyon. Je pense qu'aujourd'hui, il y a pas mal de candidats qui se sont affichés ou de personnes qui ont envie de s'impliquer dans cette campagne. A nous de nous parler et d'offrir aux Lyonnais une belle proposition".
La retranscription intégrale de l'entretien avec Béatrice de Montille
Bonjour à tous et bienvenue, vous regardez 6 minutes chrono, le rendez-vous quotidien de la rédaction de Lyon Capitale et aujourd'hui nous accueillons Béatrice de Montille. Vous êtes conseillère municipale des Républicains à Lyon, vous êtes aussi engagée dans une démarche qui pourrait vous conduire à candidater en 2026 aux élections municipales. C'est une candidature qui aurait forcément lieu dans le cadre de votre famille politique, dans le cadre des Républicains où vous pourriez vous affranchir finalement d'une tutelle partisane ?
Ecoutez, moi ça fait un an et demi que j'ai lancé en effet l'association Lyon au cœur, dont je suis la présidente. C'est une association qui vise à fédérer toutes les énergies, tous les lyonnais qui ont envie de s'investir pour les municipales au-delà des partis politiques. Moi j'ai envie de proposer un projet qui soit transpartisan. Je pense qu'aujourd'hui d'ailleurs la dernière enquête que vous avez faite Lyon Capitale montre que les lyonnais attendent peut-être une candidature société civile donc les jeux sont très ouverts. Je pense que les lyonnais sont chauvins, ils veulent qu'on travaille entre eux lyonnais pour proposer un large rassemblement. C'est ce que j'entends en tout cas dans mes réunions d'appartement, dans mes cafés d'arrondissement. Depuis un an et demi, on est attendu sur une large unité.
Mais vous vous considérez plus comme société civile que comme les Républicains ?
C'est vrai que moi j'ai un profil un peu atypique puisque je suis entrepreneur, chef d'entreprise. J'ai créé ma société il y a 17 ans maintenant, une entreprise qui tourne, qui a fait ses preuves et je me suis investie en politique depuis dix ans, élue depuis cinq ans. Donc c'est sûr que je n'ai pas un parcours complètement politique. J'ai été aussi présidente de l'association.
Ces dernières années vous avez été candidate à plusieurs élections avec l'étiquette les Républicains...
Oui, je ne renie absolument pas mon attachement aux Républicains. Je suis les Républicains. J'ai été de toutes les campagnes depuis dix ans maintenant. Mais là, je pense que pour les municipales, en écoutant les Lyonnais, j'ai bien compris qu'il fallait qu'on lâche nos étiquettes politiques et qu'on travaille à un large rassemblement.
Est-ce que ça veut dire que vous ne participez pas au processus de désignation du candidat ou du chef de file des Républicains ? On sait qu'il n'y aura pas de primaire comme à la métropole de Lyon, où Véronique Sarselli avait battu Sébastien Michel, mais que ce sera une commission nationale d'investiture des Républicains. Donc une décision prise par les membres de cette commission, principalement des élus. Est-ce que vous, vous ne candidaterez pas lors de cette commission nationale d'investiture ? Ce que prévoit de faire, par exemple, Pierre Oliver, qui vous conteste l'investiture ?
Écoutez, moi, je n'ai pas eu d'informations des Républicains disant quel serait le mode de scrutin.
Vous n'avez aucune idée des règles du jeu auquel vous participez ?
J'ai eu Jérémie Bréaud au téléphone avant-hier qui m'a dit je ne veux pas m'occuper de Lyon. Donc je pense qu'il faut qu'on s'occupe de Lyon, entre Lyonnais, encore une fois, je ne pense pas que ce soit aux Parisiens de décider de l'avenir de Lyon. Je pense qu'aujourd'hui, il y a pas mal de candidats qui se sont affichés ou de personnes qui ont envie de s'impliquer dans cette campagne. A nous de nous parler et d'offrir aux Lyonnais une belle proposition, de mettre sur la table une proposition.
Votre idée, c'est un conclave ? On se réunit entre Pierre Oliver et vous et le premier qui craque a perdu ?
Il y a un an, Pierre Oliver était adoubé, soi-disant, par les Républicains. Il y a un mois, je l'ai vu, il m'a dit qu'il y aurait une commission d'investiture. Aujourd'hui, en effet, les membres du groupe, certains membres du groupe appellent à la candidature de Pierre. Moi, je continue sur ma voie. Vous voyez, je j'accepte de venir vous parler aujourd'hui. Mais ce qui m'intéresse, c'est vraiment d'être à l'écoute des Lyonnais. Nous sommes dans les boîtes aux lettres, dans les appartements, dans les cafés, en tête à tête. Ce qui m'intéresse, c'est de créer une dynamique. Et aujourd'hui, je vois qu'il y a de plus en plus de personnes qui me rejoignent. Ce soir, je suis avec les commerçants de la Croix-Rousse. Le 18 mars, j'ai une réunion dédiée à la sécurité et au civisme. J'invite tous ceux qui aiment Lyon à venir participer, à venir écouter, à venir voir la dynamique qui se crée autour de Lyon au coeur. Et viendra le jour où on décidera. Est ce que je serai candidate? Est ce que ce sera une autre personne? Aujourd'hui, je n'ai pas pris ma décision. Et encore une fois, je suis à 120% investi dans ce dans ce travail de terrain. Et je pense que c'est comme ça que nous donnerons vraiment aux Lyonnais envie de croire en nous.
Il y a une autre personne dont il est beaucoup question en ce moment, qui elle vient de la société civile. Jean-Michel Aulas, ancien patron de l'OL, actuel propriétaire et exploitant de la LDLC Arena à Dessines. Il n'exclut pas une candidature. Est ce que pour vous, s'il était candidat, il mettra tout le monde d'accord. Ce serait une bonne idée. Il a la notoriété, il a l'envergure pour être le challenger de Grégory Doucet. Vous pourriez éventuellement vous ranger derrière lui ?
Pourquoi pas. J'avoue qu'aujourd'hui, je n'ai pas répondu à cette question. Je le vois, moi, le 11 mars, donc je suis très contente à l'idée de pouvoir échanger avec lui sur l'avenir de notre ville. Moi, ce qui anime mon engagement, c'est vraiment l'amour de Lyon. Et je pense qu'on a cette passion commune. En tout cas, c'est ce qui semble montrer à travers ses prises de parole. En effet, dans le Figaro, il a annoncé qu'il qu'il réfléchissait à une candidature. Encore une fois, moi, je pense qu'il faut qu'on se parle. Et le jour où on viendra devant vous, les journalistes, pour annoncer un plan, eh bien, c'est qu'on aura mûri un plan d'action gagnant pour Lyon.
Pour l'instant, il y a beaucoup de questions de personnes. On voit que ce qui peut être audible, notamment les messages de Jean-Michel Aulas, c'est un ras-le-bol sur les travaux. Mais une ville ne se gagne pas simplement en promettant finalement l'immobilisme de ne plus faire de travaux. Comment est-ce que vous pensez que la ville de Lyon, elle peut se gagner autour de quelles grandes idées ?
Alors moi, j'ai envie d'un projet très positif. Donc, je pense que ça ne suffit pas de dénoncer les travaux. Ça ne suffit pas de dénoncer les embouteillages. C'est sûr qu'aujourd'hui, il n'y a pas une très forte adhésion derrière le maire de Lyon, derrière sa personne, parce que manque d'écoute, manque de concertation. Donc, je pense qu'il y a une opportunité, en effet, pour la droite, le centre droit d'être rassemblés et de gagner sur un projet positif. Vraiment, moi, c'est quelque chose qui me tient à cœur. Je veux qu'on offre un projet positif. Je veux que les Lyonnais votent pour nous et pas contre Grégory Doucet. J'ai fait beaucoup de réunions.
Un peu le sens de la réforme sur la loi PLM où on élirait directement le maire de Lyon, mais ce qui pourrait la tentation pourrait être d'en faire un plébiscite pour ou contre Grégory Doucet. Vous, c'est une loi. Enfin, vous pensez qu'il faut absolument réformer le mode de scrutin ?
Moi, je suis favorable à la réforme de ce mode de scrutin, qui était en fait une anomalie démocratique. Il a été créé en 1982 pour les villes de Paris, Lyon, Marseille. Aujourd'hui, je pense que ce mode de scrutin ne correspond pas aux enjeux d'aujourd'hui. Je pense que les Lyonnais ont envie d'élire directement leur maire. Et c'est vrai que la réforme de la loi PLM permettrait d'avoir deux scrutins le même jour, le vote du maire et le vote des maires d'arrondissement. Je pense que ça gagnerait en clarté, en lisibilité. Donc, je suis plutôt favorable à cette réforme. Il faut qu'elle intervienne très rapidement, puisque un an avant les élections, on n'a plus le droit de toucher au mode de scrutin. Donc, on va être vite, ça va être vite clarifié et donc, on pourra entrer en campagne. L'avantage d'une réforme du mode de scrutin, c'est qu'au lieu de vouloir faire tomber tel arrondissement pour gagner la ville de Lyon, on aurait vraiment un projet pour Lyon, une vision pour Lyon, au-delà de calculs politiciens pour remporter la victoire. Aujourd'hui, le mode de scrutin permettrait à un candidat minoritaire en voie de gagner la ville de Lyon. Et ça, c'est vrai que c'est pas très juste. À partir du moment où on a le maximum de voix de Lyonnais, on doit pouvoir être élu maire de Lyon.