Jeudi 27 mars, le maire écologiste de Lyon et sa majorité ont adopté un plan de lutte contre les PFAS à la portée très symbolique.
L'enjeu est évidemment bien trop immense pour être réglé à l'échelle d'une commune, tout Lyon soit-elle. Le conseil municipal de Lyon a adopté ce jeudi une stratégie de lutte contre les PFAS, un mois jour pour jour après l'adoption par l'Assemblée nationale d'une loi visant à encadrer la production de ces substances. Concrètement ce méthode s'articule autour de trois axes. D'abord, la collectivité "s'engage à communiquer les ressources existantes de manière synthétique, accessible au plus grand nombre à travers divers médias".
La Ville s'engage à "mettre tout en oeuvre pour faire évoluer l'état des connaissances"
Ensuite, la Ville, "en qualité de gestionnaire d'établissements recevant du public parfois vulnérable", s'engage à "contribuer à produire les connaissances pour agir dans un souci de gouvernance partagée". En bref, la collectivité souhaite accompagner les acteurs de la recherche pour "mettre tout en oeuvre pour faire évoluer l'état des connaissances". Enfin, et considérant que "des actions juridiques locales sont nécessaires", la Ville de Lyon "se réserve donc la possibilité d'engager toute action qu'elle envisagera utile, et complémentaire aux actions déjà entreprises, pour défendre le droit des Lyonnaises et Lyonnais à vivre dans un environnement sain".
Si l'ensemble des groupes a voté pour cette stratégie qui, comme l'a indiqué le conseiller Charles-Franck Levy, "a le mérite d'exister", la droite a pointé du doigt les limites de ce plan. "En dehors de l’étude exploratoire et sans ligne budgétaire dédiée, cette stratégie tient beaucoup de la communication", a relevé Françoise Blanc lors du conseil municipal. Et d'ajouter : "L’action de notre ville est assez limitée, madame l’adjointe l’a reconnue lors de notre débat en commission. C’est plutôt au niveau national et européen que les réponses sont attendues sur ce défi sanitaire."
Que sont les PFAS ?
Les PFAS ou perfluorés, sont une grande famille comprenant au moins 4 700 substances chimiques qui contiennent du fluor. D’une composition très stable, ces substances peuvent rester dans les sols plusieurs centaines d’années sans se dégrader totalement, d’où le surnom de “polluants éternels”. On les retrouve dans les textiles, emballages alimentaires, cosmétiques, poêles antiadhésives, imperméabilisants, vernis et peintures, etc. Leur faible dégradation rend ces substances omniprésentes dans l’environnement. Problème, les PFAS favoriseraient les cancers chez l’homme et les défauts de défense immunitaire des enfants. Seuls trois d’entre eux sont actuellement interdits.
Lire aussi :
- Peut-on vraiment boire l’eau du robinet à Lyon ?
- Pollution aux PFAS : de longues procédures judiciaires au sud de Lyon
- Une réglementation française peu restrictive sur les PFAS dans l’eau potable
- C'était pire avant ?
- “Même les plus petits peuvent boire l’eau du robinet sans crainte”
- Les problèmes de l’eau en bouteille
- Robinet ou bouteille : quel est le moins pire ?
- Eau du robinet à Lyon : que boit-on vraiment ?
- Qualité de l’eau potable à Lyon : les coulisses de la surveillance