Grève à Vencorex. (Photo JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP)

Le sort de Vencorex, pilier de la chimie en Isère, examiné au tribunal de commerce de Lyon

Le tribunal de commerce de Lyon se penche jeudi sur le dossier du groupe chimique en difficulté Vencorex, menacé de liquidation en dépit d'une forte mobilisation en sa faveur.

L'audience intermédiaire qui lui est dédiée doit débuter en début d'après-midi. Elle avait été programmée début mars lorsque le tribunal avait accordé au groupe un délai supplémentaire de six mois.

A lire aussi : Péril pour Vencorex, pilier de la chimie en Isère : les salariés du Rhône mobilisés

Plusieurs scénarios seront étudiés, dont celui annoncé de longue date d'une reprise partielle par le groupe chinois Wanhua avec entre 50 et 70 emplois maintenus sur les 450 que compte Vencorex. Le tribunal se penchera aussi sur un projet mis sur pied plus récemment par la CGT de création d'une société coopérative d'intérêt collectif (SCIC) pour reprendre l'activité de Vencorex.

La CGT espère avoir un peu de temps supplémentaire

Ce dernier est appuyé par une partie des salariés du groupe et par une dizaine de collectivités locales et s'efforce depuis des semaines de rallier davantage de soutiens et de financements privés : de quoi "porter un projet suffisamment avancé et crédible pour pouvoir avoir peut-être un peu de temps supplémentaire", espérait Séverine Dejoux, élue CGT au CSE de Vencorex, le 20 mars.

La métropole de Grenoble, dont le président Christophe Ferrari est également maire de la commune de Pont-de-Claix où est implantée la principale usine de Vencorex, devrait voter vendredi une enveloppe de 200.000 euros de soutien au projet, selon une porte-parole. Plusieurs autres municipalités voisines du site de production comme Echirolles ou Jarrie l'ont fait ou prévoient d'en faire de même, selon elle.

Salariés et élus locaux, mais aussi figures nationales de gauche comme Jean-Luc Mélenchon ou François Hollande, dénoncent depuis des mois l'avènement d'un "scénario catastrophe" en Isère si Vencorex, qui joue un rôle central pour la chimie régionale, devait mettre la clé sous la porte.

Selon eux, une liquidation ne mettrait pas seulement en péril les centaines d'emplois directement concernés mais aurait un effet domino sur des milliers d'autres en raison de l'interconnexion de leurs activités. Un démantèlement entraînerait en outre une perte de souveraineté pour des secteurs comme le nucléaire ou le spatial, une perte de savoir-faire spécialisés et laisserait sans solution un vaste site lourdement pollué, arguent-ils.

Vencorex a été placé en redressement judiciaire le 10 septembre à la demande de son actionnaire, le groupe thaïlandais de pétrochimie PTT GC. Une demande initiale de nationalisation temporaire de Vencorex a été rejetée par le gouvernement de François Bayrou, qui estime que son activité "n'est pas viable selon tous les scénarios étudiés".

Laisser un commentaire

réseaux sociaux
X Facebook youtube Linkedin Instagram Tiktok
d'heure en heure
d'heure en heure
Faire défiler vers le haut