Chloé Chave et Noémie Dumont, lauréates de la finale lyonnaise de Ma thèse en 180 secondes
Chloé Chave et Noémie Dumont, lauréates de la finale lyonnaise de Ma thèse en 180 secondes sur le plateau de 6 minutes chrono/ Lyon Capitale

Ma thèse en 180 secondes : "La recherche est proche du jeu : elle peut être ludique"

Chloé Chave et Noémie Dumont, lauréates de la finale lyonnaise de Ma thèse en 180 secondes, sont les invitées de 6 minutes chrono / Lyon Capitale.

Résumer trois ans de thèse en trois minutes. C'est le défi de taille que ces deux jeunes chercheuses lyonnais ont réussi.

Chloé Chave et Noémie Dumont sont doctorantes au sein de l'Université de Lyon. Elles ont participé et remporté la finale locale de Ma Thèse en 180 secondes, grand concours international francophone qui propose aux doctorants de présenter, devant un jury composé de chercheurs, journalistes, représentants de France Universités et du CNRS, et un auditoire profane et diversifié, leur sujet de recherche en termes simples. Le tout en trois minutes chrono.

Sciences fondamentales et sciences humaines

Chloé Chave étudie à l'université Claude Bernard Lyon 1. Intitulé de sa thèse : Implication d'une protéine KIAA dans la mecanobiologie du kératinocyte humain et dans le vieillissement cutané. "L'objectif de ma thèse est d'étudier une protéine totalement inconnue dans la peau. J'ai observé qu'elle diminuait pendant le vieillissement. Mon but est donc de comprendre son rôle et de trouver un actif permettant de réinduire son expression dans l'épiderme."

Noémie Dumont est étudiante à l'université Jean Moulin Lyon 3, laboratoire IHRIM ((Institut d'histoire des représentations et des idées dans les modernités). Intitulé de sa thèse : Le jeu d’échecs dans l’Espagne de la première modernité (1475-1575). "Je travaille sur le jeu d'échecs et son lien avec la société qui l'invente et le réinvente. Chaque jeu est associé à un univers, une imagerie. Cet univers ne sort pas de nulle part : il reflète la société qui le produit. Pour les échecs, qui perdurent dans le temps, c'est une réinterprétation constante. J'ai voulu m'intéresser à ce phénomène au XVe et XVIe siècles."

Rendre accessible la science à tous

"Notre rôle aussi d'université, d'établissement d'enseignement supérieur et de recherche, c'est bien sûr de faire de la recherche, mais c'est de la mettre à disposition du plus grand nombre, expliquait récemment, sur le plateau de "6 minutes chrono", Nathalie Dompnier, présidente de l'Université de Lyon. Et donc comment faisons-nous ? Effectivement, cela demande des compétences particulières parce qu'il y a des compétences de chercheurs qui ne sont pas les mêmes que les compétences de vulgarisateurs, de médiateurs, de passeurs de sciences."

Pour Noémie Dumont, "la recherche est proche du jeu : elle peut être ludique. J'avais envie de montrer aux gens ce sur quoi je travaille, quel impact cela a sur la culture. C'était aussi un challenge personnel." Chloé Chave abonde en ce sesn :  "je trouve aussi essentiel de créer un vrai dialogue entre les scientifiques et le grand public. On apprend surtout à communiquer nos recherches entre chercheurs, mais les expliquer de façon accessible est un autre challenge."

Chloé Chave et Noémie Dumont sont qualifiées pour la finale régionale qui se déroulera début mai. Pour tenter de décrocher une place pour la finale nationale.

Voir aussi : "La science n'est pas là pour dire comment agir, elle est là pour décrypter" assure Nathalie Dompnier, présidente de l'Université de Lyon

Résultats de la finale lyonnaise 2025 de Ma Thèse en 180 secondes

Prix du jury
1er prix : Chloé Chave qualifiée pour la finale régionale
2e prix : Noémie Dumont qualifiée pour la finale régionale
3e prix : Virgile Daunay

Prix du public
Chloé Chave


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Le résumé des thèses des candidats à Ma Thèse en 180 secondes - Université de Lyon 2025 :


La retranscription intégrale de l'entretien avec Chloé Chave et Noémie Dumont

Bonjour à tous et bienvenue dans ce nouveau rendez-vous de 6 minutes chrono. Nous accueillons aujourd'hui deux invitées. À ma gauche, Chloé Chave, et à ma droite, Noémie Dumont, toutes deux lauréates du concours "Ma thèse en 180 secondes", finale de l'université de Lyon, finale lyonnaise. Bonjour et bravo !
Lyon Capitale est partenaire depuis très longtemps de ce concours, né au Canada, qui propose à des doctorants de vulgariser et d'expliquer leur thèse en trois minutes. Chloé Chave, je vais lire l'intitulé de votre thèse, qui est assez technique : "L'implication d'une protéine dans la mécanobiologie des kératinocytes humains et dans le vieillissement cutané." Et pour Noémie Dumont : "Le jeu d'échecs dans la péninsule ibérique à la Renaissance (1475-1575)." Sciences fondamentales et sciences humaines.
Je ne vais pas vous demander de résumer votre thèse en trois minutes, mais pouvez-vous nous en donner l'essence en quelques mots ?

Chloé Chave : L'objectif de ma thèse est d'étudier une protéine totalement inconnue dans la peau. J'ai observé qu'elle diminuait pendant le vieillissement. Mon but est donc de comprendre son rôle et de trouver un actif permettant de réinduire son expression dans l'épiderme.

Là, pour le coup, c'est très clair. Et vous, Noémie ?

Je travaille sur le jeu d'échecs et son lien avec la société qui l'invente et le réinvente. Chaque jeu est associé à un univers, une imagerie. Cet univers ne sort pas de nulle part : il reflète la société qui le produit. Pour les échecs, qui perdurent dans le temps, c'est une réinterprétation constante. J'ai voulu m'intéresser à ce phénomène aux XVe et XVIe siècles.

Super ! Vous avez remporté ce concours et vous êtes qualifiées pour les finales régionales, qui auront lieu début mai. Chloé, vous avez fait un "grand chelem", remportant le premier prix du jury et le prix du public. Noémie, vous avez obtenu le deuxième prix du jury. J'aimerais en savoir plus sur les coulisses : nous, on vous voit pendant trois minutes, c'est parfait, mais comment vous préparez-vous ?

Chloé Chave: J'ai suivi une formation avec l'école doctorale, qui nous a donné accès à deux cours : un sur la rédaction et un sur l'expression scénique. Cela m'a beaucoup aidée. Ensuite, j'ai travaillé la manière d'amener mon pitch, en utilisant l'image de la voiture et du garage, ce qui était un véritable défi. Il fallait également écrire tout le pitch et travailler le jeu scénique, ce qui m'a pris beaucoup de temps.

D'accord. Et vous, Noémie, comment vous êtes-vous préparée ?

Je n'ai pas suivi de formation spécifique, mais j'en avais déjà fait auparavant. J'ai préféré rédiger mon texte seule et voir ce que ça donnait. J'ai réfléchi à la façon la plus accessible et vivante de présenter mon sujet. Ensuite, il a fallu beaucoup répéter, ajuster chaque mot pour qu'il sonne juste.

Finalement, qu'est-ce qui est le plus difficile ? La rédaction ou la performance orale ?

Noémie Dumont : La gestion du temps est un vrai défi. Il faut répéter plusieurs fois et ajuster les mots pour que tout tienne en trois minutes.

Si vous dépassez le temps imparti, vous êtes disqualifiées, c'est bien cela ?

Chloé Chave : Oui, et même si j'avais l'habitude de parler en public à l'université, respecter le temps était un véritable exercice. Ce qui m'a demandé le plus d'efforts, c'est l'interprétation et la gestion du stress.

Noémie, pourquoi avez-vous voulu participer à "Ma thèse en 180 secondes" ?

Cela rejoint mon sujet de recherche. La recherche est proche du jeu : elle peut être ludique. J'avais envie de montrer aux gens ce sur quoi je travaille, quel impact cela a sur la culture. C'était aussi un challenge personnel.

C'est intéressant, car on parle souvent d'une opposition entre sciences fondamentales et sciences humaines. Mais vous montrez que les deux sont liées : la science a un impact sur la culture et vice versa. Sur cette finale régionale, avez-vous des ambitions ? Visez-vous la finale nationale ?

Chloé Chave : Oui, ce serait un vrai challenge. Lors de la finale locale, j'ai été très stressée. Si je suis sélectionnée pour la nationale, j'aimerais vraiment m'amuser et profiter de l'expérience.

Et vous, Noémie ?

Pareil. Mon objectif est avant tout de prendre du plaisir, de découvrir les travaux des autres participants et de profiter de cette aventure humaine.

En tout cas, bravo ! J'étais moi-même membre du jury et ce n'était pas un choix facile. Vous m'avez presque donné envie de reprendre mes études ! Merci beaucoup et bon courage pour la suite. À très bientôt, au revoir.

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