La Métropole de Lyon a adopté ce lundi une délibération-cadre faisant de la sécurité du quotidien l’une des priorités du mandat 2026-2032. Parmi les mesures annoncées : 30 millions d’euros pour accompagner les communes, un plan de sécurisation des collèges et la création de la brigade dédiée aux transports promise durant la campagne des métropolitaines.
La Métropole de Lyon veut "changer de cap" et faire de la sécurité l'une de ses priorités. Ce lundi 28 septembre, à l'occasion du conseil métropolitain de rentrée, la Métropole présidée par Véronique Sarselli a présenté une délibération cadre sur la sécurité du quotidien "qui fera date dans l'histoire de la collectivité" a assuré Jérémie Bréaud, vice-président chargé de la sécurité. Fruit de "plusieurs mois de travail en concertation avec différents acteurs", ce vaste plan fixe neuf axes d’action pour les six prochaines années. Avec une ambition affichée par la présidente, celle de "prendre pleinement sa part" aux côtés de l’État et des communes, sans se substituer à leurs compétences.
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"La sécurité est attendue partout et pour tous. Ce ne doit pas être une thématique partisane mais plutôt une question de bon sens qui doit tous nous réunir" a poursuivi Jérémie Bréaud lors du conseil métropolitain. Si la Métropole rappelle que la sécurité publique relève de l’État et que les maires conservent leurs pouvoirs de police, elle entend néanmoins utiliser ses propres leviers, notamment dans les transports, les collèges, le logement ou encore la politique de la ville.
5 millions d’euros par an pour les communes
"Là où l'ancienne mandature avait dépensé, en six ans, 600 000 euros sur ces sujets de sécurité, on propose un vrai choc de la sécurité avec 5 millions d'euros chaque année à destination des communes qui serviront à financer des projets d'investissements" se félicite le vice-président chargé de la sécurité et rapporteur de cette délibération. Dès le début de l'année prochaine, vidéoprotection, centres de supervision, équipements ou véhicules des polices municipales pourront notamment être financés, avec une attention particulière portée aux projets mutualisés entre plusieurs communes.
La collectivité souhaite également créer un Conseil métropolitain de sécurité et de prévention de la délinquance (CMSPD). Prévu par la loi mais jamais mis en œuvre depuis 2014, il doit permettre de réunir communes, préfecture, Police nationale, gendarmerie et parquet autour d’un diagnostic commun.
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L'autre chantier annoncé concerne les collèges de la métropole pour "permettre à toutes et tous d'étudier en toute sécurité". "Le rectorat est en train de lancer un vaste audit sur la sécurité des collèges" explique Jérémie Bréaud. À l'issue de cet audit, la collectivité accompagnera les collèges pour les sécuriser. Des diagnostics seront réalisés établissement par établissement pour déterminer les besoins en matière d’accès, d’alarmes, de vidéoprotection ou encore de clôtures.
La brigade des transports sur pied début 2027
La fameuse brigade de sûreté des transports, promise par la candidate Sarselli lors de la campagne des métropolitaines, doit voir le jour dans les prochains mois. Les premiers recrutements seront lancés à la fin de l'année pour une brigade qui devrait être opérationnelle "au premier trimestre 2027". L'objectif est toujours d'avoir, à mi-mandat, 120 agents armés, avant de compter jusqu'à 200 agents à l'horizon 2032. La brigade des transports, créée à partir de l'actuel service d'intervention et d'assistance, doit encore être adoptée au conseil d'administration du Sytral cette semaine.
Et comme une brigade en chasse parfois une autre, la "brigade des bailleurs sociaux" est également en projet pour 2028, dans le but de "renforcer la tranquillité dans le parc social", en collaboration avec les trois offices publics de l’habitat rattachés à la collectivité qui gèrent plus de 78 000 logements. "C'est une force supplémentaire qui aura pour but de venir en renfort notamment de la police municipale pour améliorer notre présence sur le terrain" détaille Jérémie Bréaud. Enfin, la collectivité annonce la création d’un réseau de logements refuges pour les femmes victimes de violences, un renforcement de la préparation aux situations de crise et une convention avec les ministères des Armées et de l’Intérieur pour faciliter l’engagement des agents métropolitains dans la réserve.
"La meilleure des préventions c'est encore la peur de la répression"
"On oppose trop souvent prévention et fermeté. Je refuse cette opposition", déclare Véronique Sarselli, qui assure vouloir faire de la sécurité un "enjeu d’égalité" sur l’ensemble du territoire métropolitain. "Nous ne faisons pas de la communication, la sécurité du quotidien est notre compétence et la meilleure des préventions c'est encore la peur de la répression" ose même le maire de Bron devant les 150 conseillers métropolitains.
"Comme principale délibération politique vous avez choisi l'un des thèmes qui ne fait pas partie des compétences de la Métropole" raille Sandrine Runnel. "On a connu des délibérations cadre plus subtiles. Vous parlez d'une Métropole qui protège mais vous faites l'inverse" estime même la conseillère d'opposition, également députée du Rhône. "Qu'en est-il de la sécurité des jeunes quand vous supprimez le RSJ ? Qu'en est-il de la sécurité climatique quand vous annulez des grands projets sans concertation" poursuit-elle, en référence à l'arrêt du projet de réhabilitation de la rive droite du Rhône.
"Nous ne contestons pas la nécessité de renforcer la sécurité pour les Grands Lyonnais" complète de son côté Fanny Dubot, coprésidente du groupe écologiste au conseil métropolitain. "Mais la sécurité ne se résume pas à l'investissement. Vous dites adorer la prévention mais elle est bien absente de cette délibération" attaque la conseillère d'opposition.
"Nous n'avons pas été élus pour suivre à l'identique ce qu'avaient fait nos prédécesseurs" appuie Véronique Sarselli, comme pour justifier ce virage sécuritaire voulu par sa collectivité. "Nous faisons des choix différents et nous les assumons devant les Grands Lyonnais" complète la présidente de la Métropole.
Avec ce plan, Véronique Sarselli entend donc marquer une rupture avec la précédente majorité et faire de la sécurité, parent pauvre du mandat écologiste, l'un des marqueurs de son mandat. Reste désormais à transformer les annonces en mesures concrètes, alors que plusieurs dispositifs doivent encore être adoptés dans les prochains mois.
