Le maire de Lyon et son adjointe aux finances ont présenté ce jeudi le budget 2025 de la Ville. Repoussé pour tenir compte des coupes budgétaires de l'État, il ne les intègre finalement pas et devra être ajusté au mois de mai.
Le moment des choix douloureux est reporté, mais il faudra bien y passer. Tandis que la Métropole de Lyon a voté la semaine dernière un budget contraint, fait de coupes dans la culture, le sport et les ressources humaines, le maire de Lyon, Grégory Doucet et son exécutif ont finalement repoussé les arbitrages au mois de mai. Alors même qu'ils estiment les "ponctions" de l'État sur le budget de la collectivité à 10 millions d'euros. "Tout ceci ressemble à du pilotage à vue. Jusqu’ici tout va bien. Mais à défaut de prévoir l’atterrissage, la chute risque d’être douloureuse", a ainsi lancé Nathalie Perrin-Gilbert. "J'observe que la Ville de Toulouse, comparable à la nôtre en nombre d'habitants a su voter son budget le 28 novembre 2024", tout en intégrant certaines mesures d'économies de l'État, a de son côté relevé le patron de la droite, Pierre Oliver.
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"Solidarité, enfance, culture et transition écologique"
La première adjointe en charge des finances, Audrey Hénocque a présenté ce jeudi le budget 2025 de la ville de Lyon, "qui adopte les mesures nécessaires pour poursuivre le projet pour lequel nous avons été élus, solidarité, enfance, culture et transition écologique notamment", a-t-elle assuré. Un budget sans surprise notable donc, dans la continuité des précédents avec une légère augmentation des dépenses de fonctionnement, au grand damn de l'opposition.
Ce dernier connaît une augmentation globale de 46 millions d'euros par rapport à 2024, avec notamment une hausse de 32 millions d'euros des crédits d'investissement, et 11,3 millions d'euros supplémentaires de fonctionnement pour la masse salariale. En intégrant les hausses de cotisations retraites (que la Ville a décidé de ne pas prendre en compte) cette dernière pourrait progresser de "4 %" selon Pierre Oliver. La collectivité accorde ainsi 3,3 millions d'euros supplémentaires aux organismes publics, notamment au centre d'action sociale, alors que la Métropole a en partie coupé les vivres des Ehpad lyonnais. "Nous serons attentifs à ce que l’augmentation du budget du CCAS, qui est une bonne chose, soit en partie fléchée vers ces établissements", a lancé Nathalie Perrin-Gilbert, candidate aux élections municipales de 2026, qui a décidé de voter le budget.
"Vous éludez votre responsabilité et vous vous défaussez sur l'État"
Côté recettes, la Ville de Lyon enregistre une nouvelle entrée dans les caisses de 3,5 millions d'euros grâce à l'extension du stationnement payant et à la mise en place des véhicules Lapi qui verbalisent davantage. Aussi, la collectivité peut compter sur un million d'euros supplémentaire lié à l'augmentation des paiements dans les cantines ainsi qu'au nouveau temps périscolaire Pep's, qui avait été décrié par les parents d'élèves l'année dernière. "Même avec ça, et la hausse des impôts massive opérée en 2023, la progression des recettes connaît un ralentissement", a noté Pierre Oliver.
"Vous éludez votre responsabilité et vous vous défaussez sur l'État", a déploré Béatrice Gailliout du groupe Progressistes et Républicains alors qu'Audrey Hénocque déplorait une baisse de plus de 50 % des dotations de l'État pour la Ville en une dizaine d'années. "Cette diminution n'est pas une surprise", a rappelé l'opposante, pointant du doigt la responsabilité des écologistes dans la baisse des droits de mutation à titre onéreux (DMTO), taxe sur les frais de notaire. "Nous payons votre politique du logement", considère Béatrice Gailliout.
"Sous-investissement"
Côté investissement, la Ville estime à un peu plus de 287 millions d'euros ses dépenses réelles d'investissement, tout en reconnaissant qu'elle ne devrait en réaliser que 168 millions d'euros. "Vous atteindrez péniblement les 750 millions de réalisation sur le mandat (1,3 milliard d'euros de PPI, Ndlr), finissant en dessous de 70 % de réalisation totale", encore déploré la conseillère du groupe Progressistes et Républicains. Et le candidat aux élections municipales 2026, Pierre Oliver de tancer "le sous-investissement" de la majorité, tant que son mal-investissement selon lui. Il dénonce notamment un "abandon de poste" du maire sur la sécurité.
Le co-président du groupe écologiste a de son côté conclu en défendant la gestion de l'exécutif en dénonçant les "caricatures" de l'opposition. "Depuis 2020, nous avons géré la crise Covid, débloqué 4 millions d'euros pour soutenir le secteur culturel, nous avons voté un plan d'investissement ambitieux notamment pour adapter la ville au réchauffement climatique. Nous avons amélioré les conditions de travail des agents de cette ville (...) Malgré cela la Ville sert toujours 26 000 repas par jour à la cantine, de meilleure qualité et ne coûtent pas plus cher, les tarifs des entrées des musées et bibliothèques n'ont pas augmenté (...) le budget de la police municipale a particulièrement été augmenté", a lancé Gautier Chapuis. Et de conclure : "En mai, nous poursuivrons ces objectifs tout en compensant la ponction de l'État. D'ici là, nous restons mobilisés pour améliorer au quotidien la qualité de vie des Lyonnais."